Les utopies de la gratuité à l’épreuve du statu quo

Couverture illustrant la publication de Roxana HERVÁS dans le numéro 14 de la revue Permanences critiques.

Dans cette analyse, la responsable des Donneries Nomades de l’ARC cherche à proposer un questionnement des limites d’une certaine forme d’économie solidaire, à travers quelques pistes de lecture critique de son propre projet.

L’utopie de la gratuité à l’origine des Donneries est rapidement devenue un miroir des inégalités qu’elle cherchait à combattre : loin de subvertir le marché, cette utopie finit par en reproduire les lignes de fracture de classe et de genre, tout en faisant office de recyclerie et de « coin des bonnes affaires » fondé sur un travail invisibilisé, souvent bénévole, et très majoritairement féminin.

Cette expérience critique invite à ouvrir un questionnement sur les motifs de reproductibilité des écueils liés à l’économie capitaliste, et fournit l’occasion, à partir d’une réflexion située, de construire une autre vision d’un échec : si contourner la structure capitaliste est une tâche sisyphéenne, c’est qu’il faut peut-être gravir une autre montagne.

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« Être utile, servir à quelque chose, être un instrument[1

Maud Simonet


1. Les Donneries Nomades : la circularité au service du statu quo

Dès le moment où j’ai accepté de porter la responsabilité du projet Les Donneries Nomades[2] je me suis retrouvée immergée dans l’univers de l’économie solidaire[3] Les Donneries Nomades est un réseau de boutiques éphémères et gratuites, fondé sur un concept simple : collecter des dons (vêtements et objets essentiels) pour les redistribuer à toutes et tous, sans condition de revenus, dans un espace non-marchand. La force intrinsèque du projet, et sa spécificité, réside dans sa dimension de réseau nomade. C’est ainsi qu’il a permis de bâtir un solide maillage organique de partenaires, déployé dans la plupart des quartiers bruxellois, en contact direct avec les habitant·e·s.

Le projet se voulait expérimental : un réseau de boutiques gratuites, visant à offrir une alternative éthique et durable au modèle économique dominant. Son ambition était d’impliquer toutes les couches sociales dans une logique d’horizontalité, à travers la création d’un moment de donation (de temps, d’énergie, de biens matériels) et d’un espace de réception égalitaires. Au fond, cet idéal initial évoquait une utopie réalisable : un espace libéré des mécanismes de la surconsommation et de la manipulation marchande, basé sur l’entraide citoyenne[4] et la gratuité.

Cependant, après trois années de développement et d’observation critique sur le terrain, je constate que malgré son succès — notamment à toucher un public divers et nombreux — et les efforts de ses conceptualisateur·rices, l’expérience des Donneries est rapidement entrée dans des impasses qui ont fait d’elle un miroir impitoyable des inégalités structurelles contre lesquelles elle luttait. Sans le vouloir, la circularité s’est mise au service du statu quo en devenant une source d’approvisionnement gratuit capitalisable par la suite, qui en plus s’appuie sur une logique hiérarchique entre classes dominantes et dominées ainsi que sur le travail gratuit des femmes, migrantes principalement.

D’une certaine manière, on pourrait dire avec le recul que l’expérience des Donneries Nomades, si elle se révèle une utopie inachevée, est en revanche rapidement devenue un laboratoire idéal pour décortiquer ces mécanismes d’inégalité, dont la portée s’étend bien au-delà de la seule économie solidaire.

2. La charité comme stratégie du dépannage et perpétuation du statu quo

Le premier mécanisme d’inégalité que nous allons décortiquer ici c’est celui de la verticalité de la charité. La charité[5], vertu théologale reprise par Catherine Marin dans son analyse La charité, au défi de l’histoire, désigne d’abord l’amour au prochain et à Dieu[6]. Mais surtout, la charité désigne le souhait de se garantir « un bon passage dans le royaume des morts[7] » : elle n’est donc pas si altruiste que ça.
Ses actes d’amour se révèlent unilatéraux, hiérarchiques et immédiats[8] .

C’est précisément ce que nous avons observé dans l’exemple des Donneries Nomades, où nous avons identifié très clairement une classe donatrice (ostentatrice du pouvoir d’achat) et une classe bénéficiaire (fragilisée par les dons de mauvaise qualité). L’acte de charité en soi ne résout pas de problème structurel ni à long terme. Il ne représente qu’un dépannage temporaire. Il confère, en revanche, un bénéfice moral et social supérieur à celui qui donne qu’à celui qui reçoit.

C’est dans cette logique de bénéfice asymétrique que la charité et la philanthropie se rejoignent. Toutes proportions gardées, la charité est à petite échelle ce que la philanthropie est à l’échelle macro[9] : toutes deux fonctionnent comme des stratégies de reproduction sociale[10], dont l’objectif implicite serait de « tenter d’apaiser la lutte entre les classes sociales […]. On pourrait […] dire qu’elles naissent de la peur des riches à l’égard des révolutions et de la colère des hommes et des femmes pauvres[11].  »

Ce parallèle est fondamental.

Si, dans le cas des Donneries Nomades (micro), cela se traduit par un bénéfice moral et le non-questionnement de la hiérarchie, à l’échelle macro, cela se traduit par la fonction systémique que décrit Nicolas Duvoux : « Analysée dans le cadre d’une sociologie de la domination, la philanthropie apparaît ainsi comme une stratégie de reproduction. […] non en faveur des bénéficiaires mais en faveur des donateurs eux-mêmes[12]. » Ces derniers ne s’enrichissent pas seulement davantage grâce au simple fait de donner ; ils se réservent aussi le pouvoir de décider quelles causes méritent d’être soutenues avec l’accord tacite des pouvoirs publics[13].

Ces mécanismes démontrent que le geste caritatif, par sa nature, ne questionne ni n’attaque jamais la hiérarchisation structurelle qui rend l’acte nécessaire. De plus, le bénéfice moral et l’approbation sociale que confère l’acte de charité au donateur maintiennent l’aveuglement collectif face aux problèmes de fond, dont l’éventuelle atténuation ponctuelle par l’une ou l’autre initiative charitable ne signifie pas qu’ils sont réellement traités quant à leurs causes. En d’autres termes, la charité est un pansement sur une blessure structurelle.

3. De l’horizontalité rêvée à la hiérarchisation caritative

La confiance initiale que le projet avait dans la capacité du pouvoir citoyen à subvertir des siècles de hiérarchies a révélé ses limites intrinsèques.

Dès le début, deux classes sociales interdépendantes[14]se distinguent nettement au sein du public du projet, une classe bénéficiaire et une classe donatrice.

Afin d’isoler et de décortiquer les mécanismes d’inégalité qui ont subverti l’idéal horizontal, la suite de l’analyse repose délibérément sur une typologie simplifiée de ces deux groupes, les décrivant de manière caricaturale et monolithique. L’objectif n’est pas de créer un profil exhaustif du public, mais de mettre en lumière les dynamiques structurelles qui maintiennent la hiérarchie.

I. Le guiltwashing[15]de la classe donatrice

La classe donatrice, composée principalement d’une classe moyenne aisée, utilise les espaces de donation comme un mécanisme de légitimation morale. Désespérée de se débarrasser de son surplus, elle opère un tri stratégique et méticuleux : tandis que les articles de bonne qualité sont monétisés sur des plateformes comme Vinted ou Marketplace, la charité devient le réceptacle des biens bon marché, de mauvaise qualité ou légèrement abîmés, bref, de tout ce qui est invendable, ou dont la vente représenterait un effort trop important au regard du bénéfice escompté.

Bien évidemment, cette classe donatrice ne cherche pas à sortir du cercle économique surconsumériste ni à bénéficier du don de vêtements. Elle s’appuie simplement, et de manière presque systématique, sur l’existence de ces modèles alternatifs pour désengorger sa garde-robe et pouvoir ainsi continuer à acheter de nouvelles pièces.

L’empoisonnement de l’économie circulaire par cette charité imposée rompt totalement avec la logique d’échange du don. Le problème principal est que la classe donatrice, en refusant la réciprocité, demeure dans l’ignorance totale de la fragilisation qu’elle opère à travers ses dons. Cet aveuglement est rendu possible par une supériorité morale qui l’empêche d’en faire usage. Elle préfère laisser au service des personnes dans le besoin les vêtements dont elle ne veut plus, sans réaliser que son acte, a priori altruiste, fragilise davantage les bénéficiaires en leur imposant la mauvaise qualité.

Cette fragilité s’étend in fine aux structures elles-mêmes : les entreprises d’économie sociale et les projets du style des Donneries Nomades deviennent la déchetterie du marché de seconde main[16].
Ces structures sont contraintes de recevoir des rebuts textiles sous le prétexte idéologique que les biens écartés, même abîmés, serviront toujours à quelqu’un de plus précaire que la personne qui donne.

II. Le surconsommation gratuite de la classe bénéficiaire

À l’autre extrémité du spectre, « de l’autre côté du don », la classe bénéficiaire devient alors la principale victime de la confusion entre charité et don. Confrontée à la double pression de la précarité, elle est non seulement obligée de racheter constamment des objets de mauvaise qualité sur le marché, mais se voit aussi contrainte d’accepter la qualité résiduelle des dons.

En outre, la classe bénéficiaire reçoit des dons et participe activement comme public des donneries, mais elle donne très rarement. C’est cette impossibilité de rendre qui, de facto, empêche le don de devenir horizontal et fige la classe bénéficiaire dans la position de récepteur théoriquement passif d’une logique caritative verticale.

Le plus ironique, c’est que dans cette configuration, les bénéficiaires du projet reprennent le peu de pouvoir qui leur est conféré à travers l’espace de réception et tombent bien souvent dans une forme dérivée de surconsommation gratuite[17] qui reproduit les excès du marché, que ce soit pour leur propre usage ou pour revendre les articles. Ils ramènent par ce biais le projet dans la logique économique dominante qu’il cherchait au départ à combattre.

4. La circularité au service du capitalisme

La critique des solutions de durabilité est cruciale. Le problème n’est pas seulement la verticalité sociale derrière la notion de charité, mais le modèle même sur lequel se fondent les alternatives de durabilité. Comme l’analyse Giuseppe Feola :

[…] la promesse de l’économie circulaire est si séduisante exactement parce qu’elle promet la réduction de l’impact environnemental sans remettre en question les fondements culturels et institutionnels de l’économie telle que nous la connaissons[18].

Les Donneries Nomades ont été construites sur l’utopie d’une économie circulaire transformatrice[19], gratuite et horizontale. Cependant, en s’appuyant sur ce modèle, le projet hérite de ses limitations structurelles. Ni l’économie circulaire, ni le projet, ne peuvent résoudre les crises environnementales profondes ni les problèmes socioéconomiques persistants tels que l’exploitation du travail ou la discrimination sociale[20].

L’utopie est ainsi compromise par la nature même de son socle théorique. Loin de transformer l’économie, elle sert principalement à légitimer le modèle dominant : « la consommation responsable serait un mythe entretenu par le capitalisme responsable grâce au marketing[21]. »

Dans un contexte d’accumulation incessante[22], l’économie circulaire devient un outil de mitigation de la culpabilité consumériste et un bandeau qui nous aveugle face à la culture de l’excès, au manque de respect pour l’écologie et à la précarité du travail, dont nous parlerons dans le point suivant.

De même que la Fast Fashion[23] a décentralisé le problème en déplaçant ses usines le plus loin possible de l’Occident afin de faire des économies sur le dos des locaux, l’économie circulaire, et dans ce cas précis Les Donneries Nomades, sert à déplacer le problème de la surconsommation textile et de la non-gestion[24] du déchet textile, non seulement en l’invisibilisant, mais aussi en donnant bonne conscience aux consommateurs et consommatrices.

Nous pouvons conclure ce point avec l’amère révélation que, contrairement à toute prévision utopique, l’économie circulaire ne parvient pas à se positionner comme une véritable alternative au modèle économique dominant, mais finit par le compléter sans jamais le remettre en question.

5. Le genre de la gratuité

L’une des externalités les plus importantes et les moins questionnées demeure la « gratuité » apparente du dispositif Les Donneries Nomades. Son coût est pourtant bien réel, et très loin d’être étranger aux disparités genrées.

Si la promesse d’une économie circulaire a des effets sédatifs sur nos consciences consuméristes, ces effets se multiplient quand cette circularité est gratuite. Il s’agit cependant d’une simple apparence, car la gratuité absolue n’existe pas.

Pourtant, la gratuité est souvent défendue comme un acte politique fondamental. Jean-Louis Sagot, dans son article « La gratuité, une utopie réalitaire », la décrit comme la « gardienne des valeurs les plus sentimentales[25et la base d’une véritable révolution. Cet idéal théorique de la gratuité comme rupture avec le capitalisme mis en avant par Sagot se heurte pourtant à une dure réalité de terrain.

L’expérience des Donneries Nomades en est un bon exemple : l’utopie de gratuité est structurellement compromise précisément par les « valeurs sentimentales » qu’elle convoque, car elles masquent l’externalisation du coût de gestion des déchets. Loin d’être le socle d’une révolution, la gratuité agit en fait plutôt comme une illusion. Par exemple, elle tend à invisibiliser complètement le travail féminin non-rémunéré qui la rend possible.

Dans leur article « Gratuités », Lalande et Patouillard distinguent trois types de gratuités.
Des trois, celle qui a permis l’émergence et le développement de projets comme Les Donneries Nomades est définie comme une « production d’une sphère non-marchande dans l’économie, conquise grâce à des financements socialisés[26] ».

Malheureusement, le fait de participer à une donnerie et de n’avoir rien à payer pour les articles emportés ne signifie pas que personne n’en paie le prix.

Depuis le lancement du projet Les Donneries Nomades, je suis en contact presque exclusivement avec des femmes.

Des mères. Des bénévoles. Des cheffes de famille inquiètes pour des enfants qui grandissent plus vite que leurs salaires. Des femmes qui connaissent la taille de leurs conjoints mieux qu’eux-mêmes, et qui portent la charge d’habiller toute la famille.

Elles sont le cœur du projet. Son public principal. Ses partenaires les plus fidèles. Elles font vivre les donneries dans presque tous les quartiers de Bruxelles-Capitale, et dans plusieurs villes de Wallonie. Et c’est leur travail gratuit — celui de ces femmes, de ces mères, de ces bénévoles — qui ne soutient pas seulement le projet que je coordonne, mais une grande partie du monde associatif belge francophone. Le paradoxe est frappant : le secteur associatif bruxellois, qui lutte contre les discriminations s’appuie lui-même, de manière quasi exclusive, sur ce travail genré précaire ou non rémunéré.
Il est vrai que pratiquement toutes les études menées en Belgique[27] nous donnent le même profil pour le bénévole moyen : « un être bien intégré socialement, pour ne pas dire d’un dominant : homme, entre 35 et 45 ans, avec un diplôme et une catégorie socio-professionnelle relativement élevés, un emploi, une famille, des enfants[28]. » Ce bénévole moyen s’implique davantage dans des fonctions de gestion et dans des associations sportives et accède d’ailleurs souvent à des postes avec une certaine responsabilité pratiquement dès le début de leur engagement.

À l’autre extrême, le bénévolat féminin est quantitativement moins visible et moins reconnu dans les statistiques[29] du travail associatif organisé. La raison est que, selon les enquêtes, les femmes consacrent majoritairement leur temps à des activités de proximité à destination des proches. Ce phénomène est nommé par la Fondation Roi Baudouin « travail volontaire informel[30] » – une activité qui est, encore une fois, très fortement liée à la notion de care.

Cette division des tâches n’est pas propre au projet, mais s’inscrit dans un schéma que la sociologue Maud Simonet a mis en évidence dans son analyse du bénévolat :

Comme le monde professionnel et le monde domestique, le monde associatif attribue certains rôles aux hommes et d’autres aux femmes : aux premiers, le bénévolat dans le secteur du sport, aux secondes, celui dans le sanitaire et le social, le travail du care[31].

En tant que pilote du projet, j’ai pu observer que sa plus grande fragilité réside précisément dans ce qu’il utilise comme force : le travail non- rémunéré des femmes.

L’appui systématique sur cette main-d’œuvre pour une tâche mécanique, répétitive et qui n’offre aucune perspective de réalisation personnelle ou intellectuelle est révélateur. Non seulement cette activité ne peut difficilement être valorisée sur un CV pour un emploi non-précaire[32], mais le tri et le pliage des vêtements (récupérés parmi des déchets textiles) reproduisent dans le secteur non-marchand la division sexuelle du travail que Simonet décrypte : le care[33].

L’ampleur de ce coût masqué est colossale : le point le plus critique réside dans le fait que l’Enquête nationale « citoyen et engagement[34] » annonce que les bénévoles effectuent le travail de 290 000 travailleurs à temps plein avec l’accord tacite de l’État[35]. Évidemment, aucune ventilation par genre n’est fournie, mais le croisement des statistiques suggère qu’une part significative de ce travail gratuit repose sur l’engagement non rémunéré des femmes.

Ce rôle central des femmes dans la soutenance du coût immatériel des Donneries Nomades n’est pas un hasard. Il est la manifestation d’une inégalité structurelle que le capitalisme a toujours cherché à externaliser et à masquer.

6. Conclusion

L’expérience des Donneries Nomades a constitué un laboratoire exceptionnel qui nous a permis de décortiquer et d’analyser en profondeur les mécanismes d’inégalités structurelles héritées du système capitaliste. Nous avons notamment constaté à quel point la gratuité, loin d’être un acte révolutionnaire, se met insidieusement au service de ce système, comme garant de la hiérarchisation des rapports humains ainsi qu’en absorbant et en masquant le travail invisible, non rémunéré et traditionnellement attribué aux femmes.

La conclusion s’impose : il est temps de dépasser la simple gestion palliative des conséquences du capitalisme. Pour que les modèles alternatifs puissent véritablement s’émanciper, ils doivent cesser de s’appuyer, même indirectement, sur des fondations qui reproduisent les mécanismes d’exploitation qu’ils entendent combattre. Aucun projet ne peut prospérer s’il n’est pas construit sur des bases saines. C’est pourquoi je ne considère pas le projet Les Donneries Nomades comme un échec, mais au contraire, comme un constat : le modèle capitaliste, si profondément ancré dans les sociétés occidentales, est un système d’une résilience puissante dans sa capacité à désarticuler toute tentative de remise en cause du statu quo et du modèle de domination (Nord-Sud, riche-pauvre, donateur-récepteur, homme -femme) qui y est intrinsèquement lié.

L’enjeu n’est donc plus de proposer de simples alternatives, mais d’exiger que tout nouveau modèle garantisse son horizontalité, favorise l’inclusion réelle de toutes et tous, et assure systématiquement la juste valorisation, la reconnaissance et la compensation de l’intégralité du travail qu’il mobilise, y compris les tâches de care.

 

  • [1] Selon Maud Simonet, « autant d’expressions qui reviennent dès lors très souvent dans les propos des bénévoles et militants. » Simonet Maud, Le travail bénévole : engagement citoyen ou travail gratuit ? Paris, La dispute, 2010, p. 67.
  • [2] Pour en savoir plus sur le projet Les Donneries Nomades : https://www.arc-culture.be/activites/les-donneries-nomades/ ,
  • [3] Économie solidaire : la Solecopedia définit l’économie solidaire comme « […] l’ensemble des activités de production, d’échange, d’épargne et de consommation contribuant à la démocratisation de l’économie à partir d’engagements citoyens » URL : https://solecov1.socioeco.org/wiki/fr/%C3%89conomie_solidaire consulté le 06/01/2026.
    Ces actes solidaires «[…] mettent l’entraide mutuelle et la réciprocité au cœur de l’action économique : des personnes s’associent librement pour mener en commun des actions qui contribuent à la création d’activités économiques et d’emplois tout en renforçant la cohésion sociale par de nouveaux rapports sociaux de solidarité. » L’économie solidaire vecteur d’une transformation de la société
    https://www.le-mes.org/L-economie-solidaire-vecteur-d-une-transformation-de-la-societe.html.
  • [4] « Nous ne sommes pas ‘’les consommateur.trice.s’’. Nous sommes des citoyens et des citoyennes qui se veulent responsables et refusent quand c’est possible de collaborer à un système ultralibéral qui mène notre planète dans le mur et exploite des mains d’œuvre un peu partout dans le monde. »
    https://www.arc-culture.be/activites/les-donneries-nomades/
  • [5] Le dictionnaire de l’Académie française définit la charité comme suit : « La troisième et la plus grande des vertus théologales, qui désigne l’amour du croyant pour Dieu et pour le prochain à cause de Dieu. La charité des premiers chrétiens entre eux. Souci du prochain, qui peut être indépendant de toute foi religieuse. » URL : https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9C1677 Consulté le 12/11/2025
  • [6] Marin Catherine, « La charité, au défi de l’histoire », Revue d’éthique et de théologie morale 2021/2 N° 310, p. 20.
  • [7] Ibid., p. 19.
  • [8] La charité vise une réponse immédiate à une vulnérabilité exposée – qu’il s’agisse de donner de l’argent, des vêtements ou de la nourriture – de la part d’une personne ayant un certain pouvoir (économique, de moyens, etc.) face à une situation de détresse d’une personne ou collectif.
  • [9] Leglaive-Perani Céline, « De la charité à la philanthropie », Archives juives, 2011/1 Vol. 44, p. 4.
  • [10] Zamora Daniel, « Histoire de l’aide sociale en Belgique », Politique n°76, p. 10.
  • [11] Cohen Yolande, Femmes philanthropes : Catholiques, protestantes et juives dans les organisations caritatives au Québec. 1880-1945, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2010, p. 17.
  • [12] Duvoux Nicolas, « La philanthropie permet-elle de réduire les inégalités ? », 50 questions de sociologie, Paris, P.U.F., 2020, pp. 103-111.

    Page 105.

  • [13] Ibid., pp. 104-108.
  • [14] La classe donatrice dépend de l’existence de la classe bénéficiaire pour décharger son surplus sans impact moral, tandis que la classe bénéficiaire dépend de ce surplus pour assurer sa survie matérielle de base.
  • [15] Blanchiment de la culpabilité consumériste.
  • [16] Pommereau Émilie, « Ce que Vinted fait à la seconde main », Alter Échos, n° 504, juillet/août 2022. URL : https://www.alterechos.be/ce-que-vinted-fait-a-la-seconde-main/ Consulté le 12/11/2025.
  • [17] À cet égard, une analogie digne de mention est celle de l’Homo Gratuitus, définie par Lalande et Patouillard :
    « Lui, […] cousin pique-assiette de l’homo economicus […] a toutes les tares du consommateur (zappeur, passif, influençable, calculateur mais incapable de reconnaître la vraie valeur des choses, égocentré, irresponsable, en un mot : adolescent), mais rien ne le rachète, puisqu’il ne paie même pas. »
    Lalande Aude et Patouillard Victoire, « Gratuité », Vacarme 2010/1 N° 50, p. 15.

    URL : https://shs.cairn.info/revue-vacarme-2010-1-page-14?lang=fr Consulté le 18/11/2025.

  • [18] Feola Giuseppe, « Trampas de la economía circular », Revista Kawsaypacha n° 13, janvier-juin 2024, p.1.

    URL : https://doi.org/10.18800/kawsaypacha.202401.A005. Consulté le 18/11/2025. Notre traduction.

  • [19] « Cette notion dominante d’économie circulaire est souvent présentée comme transformatrice, mais elle est réformiste dans le meilleur des cas ». Ibid., p. 4. Notre traduction.
  • [20] Ibid., p. 5.
  • [21] Bazot Alain, Marsaud Julie et Meyling Marie-Hélène, Consommation durable :

    favoriser une économie de la sobriété pour passer de la prise de conscience aux actes. Pag 30.
    Avis du Conseil économique, social et environnemental sur proposition de la commission permanente Économie et finances et de la commission permanente Environnement 2023-021

  • [22] Feola, Giuseppe, « Trampas de la economía circular », art. cit., p. 6.
  • [23] Définition de Fast Fashion donnée par Oxfam : « La fast fashion désigne une tendance très répandue dans l’industrie de la mode reposant sur un renouvellement ultra-rapide des collections. S’appuyant sur un rythme de production effréné et insoutenable, certaines enseignes de prêt-à-porter vont jusqu’à renouveler leurs collections toutes les deux semaines, voire moins. Cette mode « jetable » produite à moindre coût a des conséquences sociales et environnementales désastreuses. ». URL :

    https://www.oxfamfrance.org/agir-oxfam/fast-fashion-et-slow-fashion-impacts-definitions/. Consulté le 20/11/2025.

  • [24] Malak Mona, « Déchet textile et économie circulaire », Permanences Critiques n°10, p. 84.
    Article disponible en ligne à l’adresse : https://www.arc-culture.be/wp-content/uploads/2024/06/PC2024-010-Analyse-04.pdf
  • [25] Sagot-Duvauroux, Jean-Louis, « La gratuité, une utopie réalitaire », Mouvements, 2006/3, N° 45-46, p. 56.
  • [26] Lalande Aude et Patouillard Victoire, « Gratuité », art. cit., p. 14.
  • [27] Fondation Roi Baudouin, Le volontariat en Belgique en 2019 : Chiffres-clés, Bruxelles, 2019, p. 6.
    URL : https://media.kbs-frb.be/fr/media/7736/Le%20volontariat%20en%20Belgique.pdf Consulté le 18/11/2025.
  • [28] Simonet Maud, Le travail bénévole, op. cit., p. 25.
  • [29] On trouve seulement 17 % de femmes présidant des associations sportives, et 3 % présidant des associations de pêche et de chasse, contre 44 % de femmes présidant des associations dans le secteur de l’action sociale. Voir Simonet Maud, Le travail bénévole, op. cit., p. 26.
  • [30] Fondation Roi Baudouin, Le volontariat en Belgique en 2019 : Chiffres-clés, Bruxelles, 2019, p. 6.
    URL : https://media.kbs-frb.be/fr/media/7736/Le%20volontariat%20en%20Belgique.pdf Consulté le 18/11/2025.
  • [31] Simonet Maud, Le travail bénévole, op. cit., p. 26.
  • [32] « Si sa formation universitaire lui a facilité l’accès à un poste bénévole de responsabilité dans le monde associatif, elle ne lui a pas ouvert les portes du monde travail rémunéré » Ibid., p. 38.
  • [33] « Le care est un concept qui désigne le travail nécessaire pour la continuité et la réparation du tissu social et la survie de la vie en général, au sens de ce qui est vital et nécessite une attention particulière, une sollicitude et un engagement, mais aussi, plus largement, les activités visant à maintenir le monde dans lequel nous vivons et que nous voudrions laisser à nos enfants. »
  • [34] Give a Day, Bpact et Indiville (avec le soutien de la Fondation Roi Baudouin), Enquête nationale citoyen et engagement, 2023.
  • [35] Simonet, Maud Le travail bénévole, op. cit., p. 80.