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2026
Illustration de la newsletter arc de février 2026
Editorial - avril 2026

Menaces sur le secteur associatif et le secteur de l’insertion socio-professionnelle

Alors que les mesures Arizona excluent près de 42.000 Bruxellois et Bruxelloises du chômage, la Région bruxelloise prend une décision budgétaire qui met en péril 16.500 places de formation, d’accompagnement vers l’emploi et d’emploi formatif pour ces personnes. Notre asbl se joint à notre fédération pour dénoncer les décisions du Ministre bruxellois de l’Emploi de réduire significativement plusieurs enveloppes essentielles au secteur de l’insertion socioprofessionnelle, sans concertation avec les acteurs de terrain, condamnant ainsi les politiques d’emploi et de formation socioprofessionnelle locales.

Ces mesures auront des conséquences inévitables sur les institutions qui accompagnent et forment les bruxellois·e·s (pertes d’emplois, fermetures de certaines filières, diminution de l’accompagnement psychosocial…). Il s’agit de décisions linéaires qui ignorent les effets, souvent en cascade, à court et moyen terme, sans la moindre anticipation après plus de 600 jours sans gouvernement. Le secteur de l’insertion, qui emploie près de 2.500 travailleur·euse·s, sera contraint de réduire drastiquement ses effectifs. Certaines structures, déjà fragilisées, ne pourront absorber ces pertes. Cela signifie des activités réduites, voire des fermetures. Notre asbl est directement impactée par ces décisions.

Ces mesures auront également un impact plus général sur l’ensemble du secteur associatif car les aides à l’emploi (ACS, APE et art.60) vont diminuer dès cette année ou être totalement revues en janvier 2027. Or le secteur ne peut fonctionner que grâce à ces aides structurelles qui complètent des financements sectoriels insuffisants pour permettre aux asbl de mener leurs missions. Les associations d’éducation permanente comme ARC asbl mais aussi les associations culturelles, de défense des droits humains et de l’environnement, de remise à l’emploi et de solidarité, d’aide à l’enfance et à la jeunesse, comme tant d’autres, sont donc toutes menacées par ces mesures. La remise en question de dispositifs tels que les ACS et les APE, combinée à d’autres mesures d’économie, risque de provoquer une dégradation des conditions de travail, une diminution des actions de terrain et, à terme, des pertes d’emplois.

Ces décisions sont contre-productives au regard de l’objectif d’un taux d’emploi de 80% d’ici 2030. Elles ne prennent pas en compte la spécificité de notre secteur et l’importance de nos missions d’utilité publique qui, de manière tacite ou explicite, nous ont été déléguées par les pouvoirs publics. Au niveau de l’insertion socio-professionnelle, l’heure est grave et l’incompréhension totale. Au moment où des dizaines de milliers de personnes vont être exclues du chômage, la Région affaiblit les outils qui permettent leur retour à l’emploi. Cette contradiction est lourde de conséquences : aggravation des inégalités sociales ; pression accrue sur les CPAS ; impossibilité de proposer des parcours d’insertion aux Bruxellois et Bruxelloises les plus fragiles.

Nous appelons le Gouvernement bruxellois à : revenir sur ces réductions budgétaires ; garantir des moyens à la hauteur des besoins ; engager un dialogue structurel avec le secteur ; allouer les moyens nécessaires pour atteindre son propre objectif d’un taux d’emploi de 80% d’ici l’horizon 2030. Nous voulons des politiques publiques qui soutiennent réellement les missions socioculturelles et la stabilité de notre secteur au bénéfice de nos publics et bénéficiaires. D’autres économies budgétaires et d’autres orientations sont possibles. Les projets d’aménagement ou de création de métro sont plus coûteux que les aides apportées au retour à l’emploi.

Affaiblir aujourd’hui l’insertion socioprofessionnelle et l’ensemble du secteur associatif, c’est aggraver un peu plus la crise sociale à Bruxelles et en Wallonie. Aussi, comme le 1er avril devant le cabinet du ministre, nous nous mobiliserons le mardi 09 avril aux côtés de nos collègues du secteur.

2025
Illustration de la newsletter arc - hiver 2026-2026
Editorial - décembre 2025

Ce mois-ci, des familles dorment dans l’église du Béguinage, à deux pas de la Grand-Place. La majorité des medias « traditionnels » sont silencieux sur la situation de ces familles et des nombreux enfants qui se retrouvent à la rue. Contrairement au secteur associatif, la sphère médiatique a préféré se focaliser sur une polémique anecdotique autour de la crèche de la Grand-Place ou le déploiement des Plaisir d’hiver. Cette polémique détourne l’attention des citoyen·ne·s des informations qui affectent réellement notre quotidien : l’absence de gouvernement la plus longue de notre histoire, le vote de lois dans quelques jours qui fragilisent la liberté d’expression du secteur associatif, les premières conséquences de la réforme du chômage, la très grande difficulté dans laquelle se retrouvent toutes les communes de Belgique de boucler leurs budget, notamment parce qu’elles sont obligées de compenser les manques de moyens alloués aux CPAS, la fermeture de lieux culturels, le manque d’aide apportée à celles et ceux qui dorment dans la rue, le retour d’une loi permettant les visites domiciliaires ….

D’ici peu, plus de 180.000 personnes perdront leur allocation de chômage en Belgique et probablement, pour une grande partie d’entre elle, perdront pied. Les élu·e·s au pouvoir semblent ignorer l’impact de ces mesures sur les plus vulnérables d’entre nous. Cela nous désespère et nous questionne à nouveau sur la lecture qui est faite de cette législation qui s’accompagne d’une dérégulation du travail. Dans le même temps, le secteur de l’insertion socio-professionnelle est fragilisé par des mesures à venir imposées sans réelle concertation et qui vont fragiliser les entreprises d’économie sociale. En outre, l’anxiété est à son comble pour des milliers de Belges et de Bruxelloi·se·s dont les contrats arrivent à terme en raison de l’absence de gouvernement.

Nous refusons de tolérer ces atteintes à la solidarité, à la liberté d’expression, au pluralisme, … Une démocratie doit offrir la protection à toute sa population. Sommes-nous encore dans une démocratie alors que la crédibilité de la Cour européenne des droits de l’homme est menacée par notre le plus haut niveau de pouvoir dans notre pays. Dans un nouveau rapport, Amnesty international pointe du doigt la Belgique et ses manquements persistants en matière d’accueil qui bafouent la dignité et les droits des personnes en quête d’asile. La Belgique est également montrée du doigt pour ses atteintes à la liberté associative.

Au nom de nos traditions d’accueil, de solidarité et d’ouverture d’esprit, de notre libre arbitre et de notre attachement aux lois belges, européennes et internationales qui protègent chaque être vivant, quelle que soit son origine, refusons l’intolérable. Nous nous mobilisons aux côtés des citoyen·e·s, de l’ensemble du secteur associatif et culturel, de l’enseignement et de la jeunesse, dans les collectifs et au sein de nos instances représentatives. C’est pourquoi nous soutenons la mobilisation du 15 décembre à Bruxelles pour exprimer notre opposition aux mesures de l’Accord budgétaire concernant tous les secteurs relevant de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui doit être voté le 17 décembre prochain au parlement.